EP018 Comment immigrer au Canada et investir en immobilier
CHIA Talk #18 Immigration économique au Canada
Quels chemins peut-on parcourir pour venir étudier, travailler, entreprendre ou investir au Québec? La Loi sur l'interdiction d'achat d'immeubles résidentiels au Canada en 2023 et 2024 par des non-Canadiens impacte-elle sur ceux qui sont en processus d'immigration? Les programmes d'immigration varient d'une province à l'autre, comment y naviguer pour raccourcir le délai? Un immigrant désirant démarrer ou acquérir une entreprise bénéficie-t-il un avantage par rapport à un immigrant travailleur? Quand réouvre-t-on le programme d'immigrants investisseurs?
Le 18e épisode du podcast Le franc-parler avec CHIA fut diffusé le 15 mars 2023 et est en rediffusion sur notre chaîne Youtube, voici sa transcription:
- Bonjour à toutes et à tous, je suis Chia, votre animatrice pour le franc-parler avec Chia. Aujourd’hui, j’ai le plaisir de recevoir Marc-André Carrière, avocat en immigration chez Exeo Avocats.
- Marc-André, une des premières curiosités que j’ai eues lorsque je t’ai rencontré et je pense aussi que l’audience serait intéressée à savoir, c’est ton origine. J’ai su que toi et moi sont tous les deux Made in Taiwan. Comment ça se fait qu’un Taïwanais porte un nom aussi québécois: « Marc-André Carrière »? Dans ta biographie, j’ai vu que tu es aussi allé à Beijing pour faire ta maîtrise en droit. Puis, aujourd’hui, tu voyages partout pour ton travail en immigration. Est-ce que tu peux nous partager ton parcours?
- L’histoire est assez simple, j’ai été adopté par une famille québécoise. Et j’ai grandi sur Québec, c’est pour ça que j’ai un nom québécois. Dans les dernières années, j’ai eu l’opportunité de retourner à Taïwan et de retrouver ma famille biologique. Donc, j’ai pu me reconnecter avec la famille taïwanaise. C’est pour ça que, ça fait tout près de sept, huit ans que je suis en relation avec eux. Donc, je retourne assez souvent à Taïwan. J’ai été à Taïwan, justement en janvier dernier. Donc, je vais les voir. Puis bon, je développe la relation. Puis, on se voit assez régulièrement.
- Wow, bravo! Parce que je sais que c’est toute une démarche, n’est-ce pas?
- Oui, en effet, c’est un parcours qui se fait sur plusieurs mois, plusieurs années. Puis, qui se continue par la suite même après les retrouvailles. Je veux dire, on apprend quand même à se connaître à travers les années. C’est une belle démarche, puis ça se passe bien. J’ai vraiment une belle relation avec eux. J’ai cette chance-là d’avoir bien connecté. Puis, j’ai deux sœurs biologiques, aussi qui sont venues me voir, ici, à Montréal. Donc, c’est vraiment un échange de parcours et de cultures.
- Oui, c’est vraiment fascinant parce que j’ai une amie Manu et elle a été adoptée de la Corée, pas de Taïwan. Il y a plusieurs années elle a même initié un mouvement de rassembler plusieurs enfants adoptés et d’aller faire un tour en Asie pour identifier leurs parents biologiques.
- Wow!
- Elle m’a partagé quelques histoires. Je trouve ça vraiment, vraiment fascinant. Merci d’être ici. Parles-tu mandarin? Est-ce que tes parents québécois t’ont dit: bon, on veut absolument qu’il apprenne le mandarin.
- Malheureusement, je n’ai pas eu cette chance-là d’apprendre le mandarin en bas âge. Donc, j’ai vraiment commencé à prendre des cours assez intensifs, de manière assez intensive quand j’étais à Taïwan.
- Par ton propre intérêt ?
- Oui, exactement. Donc, quand je suis allé à Taïwan la première fois, j’ai commencé à prendre des cours et j’ai suivi cet apprentissage-là. Je dirais aujourd’hui que ça fait environ peut-être sept ans que j’ai étudié le mandarin de manière intensive. Puis, comme tu le disais j’ai étudié aussi à Beijing où j’ai fait une maîtrise à ce moment-là mais j’ai aussi pris des cours de manière intensive là-bas, pour vraiment essayer d’améliorer mon niveau de mandarin.
- Super. Est-ce qu’on peut dire que l’immigration, donc ta profession aujourd’hui, ça a un lien avec l’ouverture sur le multiculturalisme et ton intérêt envers les gens de cultures diversifiées?
- Forcément, je pense que l’immigration c’est vraiment venu me chercher à ce niveau-là. Cette ouverture-là qu’on a avec des gens de différentes cultures, de différentes nationalités. Et je pense justement que mon échange que j’ai fait à Taïwan, ma maîtrise que j’ai étudiée à Beijing, ça a été le moment que ça a consolidé l’idée que je voulais un emploi qui soit dans ce milieu-là, qui avait cette ouverture-là. Puis, qui me permettait d’aider des gens, en fait, qui voulaient soit venir soit investir au Canada ou qui voulaient simplement immigrer au Canada. Puis, je pense que mon parcours personnel et académique m’a vraiment porté vers l’immigration aujourd’hui.
- Fantastique. Je postule! Parce qu’évidemment, je partage les mêmes intérêts. J’adore faire les ponts entre les cultures. Je sais que tu as récemment fait une tournée en Asie pour ton travail. Justement est-ce que tu peux nous parler: quels types d’immigration tu fais et aussi qu’est-ce qui existe sur le marché. Parce que rapidement, même si je n’exerce pas ta profession, je sais qu’il y a le type « temporaire » et il y a aussi qu’est-ce qui est « permanent ». Entre autres, les visas étudiants, les visas de travail, ensuite de cela il y a des résidents permanents. Et là-dedans, il y a aussi différentes catégories, n’est-ce pas?
- Oui, exactement. Je trouve ça intéressant que tu apportes les deux volets parce que moi ma pratique est vraiment sur ces deux niveaux-là. Je tiens à préciser que chez nous chez Exeo, on fait vraiment de l’immigration économique. Donc, c’est vraiment plus en lien avec ce type d’immigration-là. Mais on a vraiment les deux volets que ce soit de l’immigration permanente ou temporaire.
- Donc, quand on parle d’immigration permanente, nous ce qu’on fait c’est l’immigration auprès des entrepreneurs, des investisseurs. Des gens qui ont acquis une expérience de travail et qui veulent immigrer au Canada par la suite à cette expérience de travail-là. Et comme tu disais, aussi tout l’aspect temporaire. Donc, des gens qui ne viennent pas nécessairement pour immigrer au Canada mais qui vont venir étudier qui vont venir travailler souvent. Parfois, ça va être des gens qui vont venir visiter, qui vont faire des voyages d’affaires pour voir s’il y a des opportunités d’affaires au Canada. Juste de venir comme visiteur commercial. De venir explorer, en fait, c’est quoi les différentes opportunités que le Canada peut leur offrir.
- Et j’adore Montréal, donc bienvenue à tous!
- Oui, c’est une super ville. Puis, je pense que beaucoup de nos clients, on a beaucoup de nos clients qui viennent s’installer soit pour travailler soit pour immigrer à Montréal. Je pense que c’est un bel endroit qui est accueillant pour divers types d’immigrants et de travailleurs.
- Bon, j’imagine que parmi l’audience, certains ont suivi l’actualité. Donc, lorsqu’on parle du mot immigration, on pense tout de suite à la nouvelle loi d’interdiction d’achat d’immeubles résidentiels par des non-Canadiens. Alors comment tu vois cette loi-là ? Peut-être expliquer un peu les grandes lignes. Sur cette nouvelle loi, est-ce ça impacte les gens qui sont en processus d’application d’immigration. Parce que de mon côté qu’est-ce que je vis, c’est que bien souvent, dans mon travail de courtier immobilier, c’est que bien souvent, les immigrants-investisseurs, donc les entrepreneurs, ils vont me contacter dès qu’ils débutent leur processus d’application. Et puis, là ils veulent déjà commencer à regarder qu’est-ce qu’ils vont acheter, qu’est-ce qu’ils vont investir, puis comment est-ce qu’ils vont se structurer pour la nouvelle entreprise, etc. Puis là, avec cette nouvelle loi-là, ça donne un gros impact où bien souvent, par exemple, il y a beaucoup de familles chinoises, ils vont d’abord installer les enfants pour les études, en attendant que les papiers soient finalisés pour venir ici s’installer, eux aussi de façon plus permanente. Puis, est-ce qu’en ce moment ça crée un chaos? D’après toi?
- Je ne sais pas si ça crée un chaos. Parce que ça fait quand même plusieurs mois qu’on voyait la venue de cette loi-là. Le gouvernement canadien l’avait annoncé et annoncé. Je pense qu’il y a vraiment une volonté ici du Canada de vouloir réduire un peu la demande pour l’achat d’immeuble résidentiel. Donc, grosso modo cette loi-là ce qu’elle fait, c’est qu’elle vient interdire à tous les non-Canadiens, ce qu’on entend par non-Canadiens ici ce sont évidemment les citoyens canadiens. Mais non, en fait, ce que la loi exclut, pardon, ce sont les Canadiens évidemment et les résidents permanents.
- Donc, les gens qui ont obtenu leur résidence permanente ne sont pas visés par cette loi-là.
- Par contre, ce qu’on inclut à l’intérieur de cette loi-là sont les visiteurs, les visiteurs commerciaux comme tu viens de le mentionner, les étudiants, les travailleurs. Il existe certaines exceptions qui sont assez élevées, je te dirais là. Donc, pour certains étudiants qui ont passé plusieurs années d’études, quatre ans d’années d’études. Certains travailleurs étrangers qui ont travaillé ici quelques années au Canada, ils vont avoir une exception, ça va leur permettre de quand même pouvoir acheter un immeuble résidentiel malgré la loi. Mais à l’extérieur de ça, les autres citoyens étrangers, ressortissants étrangers ne pourront pas acheter à ce stade-ci d’immeuble résidentiel.
- Il faut quand même comprendre que la loi présentement, elle a été adoptée pour une durée de deux ans. Donc, est-ce que à la fin de ces deux ans-là, donc elle a été adoptée le 1er janvier dernier, est-ce que le 1er janvier 2025, est-ce que la loi va être renouvelée, elle va être abrogée ? Ça, pour l’instant, on ne sait pas. Puis, je pense qu’il y a une période d’essai, ici, pour le gouvernement canadien. Donc, ça va être intéressant de suivre qu’est-ce qui va arriver. Est-ce que la demande des ressortissants étrangers va diminuer ou augmenter, qui va faire en sorte que le gouvernement va vouloir revoir un peu sa vision, sa façon de faire les choses. Mais oui, c’est sûr que pour l’instant, pour plusieurs de nos clients ça devient un peu un casse-tête dans la mesure où s’ils sont sous un permis de travail, puis ça fait pas longtemps qu’ils sont ici et qu’ils ont l’intention d’immigrer mais qui n’ont pas encore obtenu la résidence permanente, ils sont bloqués par cette loi-là malheureusement.
- Donc, ce qu’on suggère, c’est premièrement, c’est d’attendre la fin des deux ans pour voir ce qui va se passer. Puis, d’entamer les procédures de résidence permanente. Parce que, comme je le disais au début, les résidents permanents ne sont pas visés par cette loi-là. Donc, ils peuvent acquérir un immeuble résidentiel.
- Mais qu’est-ce qui arrive si quelqu’un est en processus ? Je donne un exemple très très concret : il y a un grand entrepreneur asiatique qui m’a contacté ça fait plus de deux ans. Et puis, il possède multiples entreprises en Asie. Donc, c’est quelqu’un qui est excessivement qualifié. Donc, il a voulu venir ici. Puis, ça fait plusieurs mois qu’on travaille sur son dossier. Et finalement il m’a dit, je suis vraiment, vraiment découragé parce que ça fait cinq ans que j’applique le programme, puis pour une raison que je ne comprends même pas, ils ne veulent toujours pas me donner mon papier. Tu sais je me rends à Singapour sans arrêt mais à chaque fois c’était pour rien!
- Alors dans son cas, actuellement, pendant les deux prochaines années à moins qu’il obtienne sa résidence permanente.
- Oui c’est ça. Donc, il ne pourrait pas acheter.
- Malheureusement, la réponse c’est que la loi vise ces ressortissants étrangers-là qui n’ont pas encore obtenu la résidence permanente. Bien qu’il y a une demande de résidence permanente qui soit en cours. C’est vraiment l’obtention de la résidence permanente qui va leur permettre d’être exclus par cette loi-là.
- Et je comprends très bien ce que tu évoques, la situation d’entrepreneur ou d’investisseur qui doit attendre pendant plusieurs années. C’est vraiment une situation qui est difficile pour nos clients, aussi en ce moment. Des gens qui doivent attendre trois, quatre, cinq ans avant de pouvoir obtenir la résidence permanente alors qu’ils répondent à tous les critères. C’est vraiment au niveau administratif d’Immigration Canada où on voit que certaines demandes prennent des délais. Là, on parle du backlog comme on utilise dans le jargon. Le nombre de demandes a tellement augmenté. Il y a aussi eu la période de la covid qui peut plus vraiment être utilisée aujourd’hui comme une excuse mais qui a fait en sorte d’augmenter le nombre de dossiers. Ce qui fait en sorte qu’il y a des demandes comme ça, comme l’exemple que tu me donnes, que ça prend vraiment beaucoup de temps avant qu’il l’obtienne. Moi, ce que je leurs dirais c’est : ne vous découragez pas. Le gouvernement canadien, je pense qu’il est conscient, Immigration Canada est consciente de la situation, il y a des gens qui ont été embauchés. Puis, nous on commence à revoir de nouvelles demandes qui sont acceptées récemment dans les dernières semaines. On voit vraiment que ça recommence.
- La pile commence à être acceptée !
- Exactement, donc je pense qu’on n’est pas arrivé à la fin évidemment mais je pense que ça reprend. Puis, vraiment, nous, on a annoncé des bonnes nouvelles à certains de nos clients à ce niveau-là dans les dernières semaines. On sent que ça reprend, il y a des demandes qui sont acceptées qui avaient été en attente pendant longtemps. Je comprends que la situation ça peut être un peu frustrant mais on commence à ressentir que ça reprend tranquillement. Donc, ces gens-là une fois qu’ils auront obtenu leur résidence permanente vont pouvoir acquérir un immeuble résidentiel.
- Superbe. Justement, en fait, il y a vraiment différents programmes d’immigration, ce que je comprends. Est-ce qu’on peut plutôt parler des entrepreneurs ou les investisseurs, actuellement quels sont les programmes qui sont ouverts, valides au Québec pour accueillir, ces entrepreneurs-là ?
- Nous en ce moment on travaille beaucoup, avec nos clients, avec le programme des Immigrants entrepreneurs qui est un programme pour les gens qui veulent démarrer une entreprise au Canada, au Québec plus précisément. Il doit s’agir d’un projet qui est d’une certaine manière assez innovatif.
- Dans le sens qu’on pourrait pas simplement juste venir ouvrir un restaurant, puis essayer de démarrer une entreprise sur ça. Il faut avoir un projet d’affaires, il faut être capable de développer une idée d’affaires, d’avoir plein affaires, d’être capable de développer une entreprise à court, moyen, long terme. Et en échange, le gouvernement québécois va émettre ce qu’on appelle un certificat de sélection du Québec.
- CSQ qui est pour les immigrants. Et à partir de ça, nous ça nous permet d’appliquer pour un permis de travail pour ces gens-là. Donc, ils peuvent venir soit à l’obtention de leur permis de travail s’établir au Québec sur une base temporaire et commencer à développer une entreprise dans l’attente de la résidence permanente. Ils peuvent déjà s’en venir au Québec commencer à développer leur entreprise. La famille peut aussi venir les accompagner, les enfants peuvent aller à l’école, etc.
- Ça se fait en deux temps.
- C’est en deux temps, ça se fait en deux temps. Mais la première étape pour obtenir le CSQ, ça se fait à l’intérieur… On parle de mois plutôt que d’années. Donc, il y a vraiment une manière pour que ces gens puissent venir au Canada, au Québec s’établir de manière temporaire évidemment mais assez rapidement par rapport à la résidence permanente. Bon, c’est sûr, on a déjà évoqué les délais par rapport à la résidence permanente, par la suite qui peuvent être plus longs. Mais au moins ces gens-là peuvent venir s’établir et démarrer leur entreprise. Donc, ça c’est pour le volet des entrepreneurs.
- A ce qui a attrait aux investisseurs, tu as mentionné les investisseurs. Présentement, le programme est fermé, le programme québécois est fermé. Il pourrait réouvrir cette année. On n’est pas sûrs, cela fait plusieurs mois en fait qu’il y a des nouvelles du gouvernement qui laissent sous-entendre peut-être une réouverture du programme. Mais pour l’instant, on demeure encore dans l’attente de la réouverture de ce programme-là.
- Je vois.
- Je prends peut-être un petit temps additionnel pour discuter du programme Start-up Visa, le programme Démarrage d’entreprise. Mais ça, c’est un programme fédéral qui s’applique pour les gens qui veulent s’établir à l’extérieur du Québec. Donc, ça s’applique à toutes les autres provinces, à l’exception de la Province du Québec.
-Non, parce qu’en fait le programme Start-up Visa ou le programme Démarrage d’entreprise, c’est un peu le pendant du programme Entrepreneur que je viens de décrire mais à l’extérieur du Québec pour le gens qui veulent s’établir à l’extérieur de la Province du Québec, et qui est chapeauté par Immigration Canada. Donc, il n’y a pas ces deux temps-là comme on l’a vu pour le programme Québécois. Donc, on applique directement à Immigration Canada et on peut directement aussi appliquer pour un permis de travail une fois qu’on a obtenu le support d’un incubateur de l’organisme.
-Si je comprends bien c’est beaucoup plus rapide.
-Les délais en ce moment qu’on voit c’est entre 33 et 30 mois pour l’obtention de la résidence permanente. Donc, on parle entre deux ans et demi et trois ans. Sauf que le permis de travail peut aussi être obtenu pour le programme Start-up Visa dans des délais similaires, je dirais, au programme québécois. Donc, un peu plus rapide que je dirais. Pas nécessairement beaucoup plus rapide mais un peu plus rapide.
-Pour quelqu’un, exemple pour un entrepreneur qui a envie de démarrer une entreprise au Canada, pour lui, le Canada, c’est un tout. Et à ce moment-là, comment est-ce que vous, justement comme conseiller juridique, où est-ce que vous les guidez ?
-La particularité, je te dirais, en ce moment du programme québécois c’est l’exigence linguistique.
- Donc, le programme a été révisé dans les derniers mois, dans les dernières années pour cibler les entrepreneurs francophones, francophiles. Donc, il faut avoir un certain niveau linguistique en français pour pouvoir appliquer sur le programme Entrepreneur. Donc, souvent c’est probablement un des premiers critères qu’on regarde avec nos clients. Bon, où est-ce que vous êtes intéressé à vous établir ? S’ils nous disent un peu comme tu dis : moi je veux venir m’établir au Canada, j’ai pas vraiment de préférences. Ben la première chose qu’on va regarder c’est quoi votre niveau linguistique. Est-ce que votre capacité est plus en anglais, en français ? Donc, ça, ça va vraiment être un premier critère. Après par la suite c’est sûr que bon, les différentes provinces au Canada, et dont le Québec vont offrir certains avantages, certains attributs particuliers à chaque province. Donc, on essaie d’avoir pour des raisons, après c’est le candidat qui doit plus le voir, mais pour des raisons plus entrepreneuriales. Qu’est-ce qui est plus stratégique de s’établir à Montréal, à Toronto, à Vancouver, à l’Île-du-Prince-Édouard. Après, il y a plus des considérations au business.
-L’environnement économique.
-Exactement, l’environnement de travail et tout. J’imagine aussi que le marché immobilier aussi doit avoir certainement un impact… Parce que bon, c’est pas la même chose d’investir dans un local à Montréal versus à Vancouver !
-Trois fois le prix, oui !
-T’es bien au courant de ça ! Après ça il y a aussi des considérations un peu plus entrepreneuriales qui viennent jouer. Mais au niveau immigration, le gros élément pour nous, c’est je pense, c’est l’attribut linguistique qu’on regarde en premier.
-Ce que moi j’ai observé aussi de mon côté, c’est qu’il y a aussi les gens qui atterrissent dans une place au Canada, puis par la suite, ils se disent que, ah ben finalement, je vais essayer Montréal.
- Donc, là à ce moment-là, ils me contactent pour venir ouvrir leur entreprise ici ou investir ici, pour vivre ici. Donc, il y a aussi un genre de mouvement, par la suite. Ce n’est pas parce qu’on atterrit quelque part qu’on reste là pour toujours.
-Forcément. Ben oui mais je pense que ces gens-là, souvent ils voient le Canada comme un tout, comme tu disais. Donc, c’est sûr que chacune des provinces, chacune des villes ont leurs propres particularités. Donc, c’est sûr que pour eux, une fois qu’ils ont eu l’expérience de vivre, je sais pas à Toronto, à Winnipeg, après peut-être qu’ils veulent un environnement qui est plus similaire à Montréal. Puis, je les comprends si c’est le cas !
-Tout à fait ! Moi, de mon observation, lorsque je jase avec les gens partout où je voyage, c’est pas nécessairement partout tout le monde qui connait déjà Montréal. Certains d’entre eux en ont déjà entendu parler, puis quelques-uns qui ont déjà voyagé à Montréal ou ont déjà eu des familles ici. Donc, c’est sûr que ça ouvre beaucoup de conversations, c’est agréable. En même temps, pour ceux qui ne connaissent pas encore Montréal, ils vont dire, c’est où ? Tu sais, je vais dire que c’est au Canada. Souvent ils vont dire : Ah ok ! Vancouver ! Ah, Toronto !
-Je pense que pour les communautés asiatiques, probablement que tu l’as vécu aussi là, je pense que souvent le premier réflexe pour ces gens-là, ça a été de s’établir à Vancouver parce que bon il y a déjà une grande communauté asiatique qui est là. Des fois ils ont des amis, ils ont de la famille qui l’ont déjà fait. Le deuxième lieu, souvent, ça va être Toronto qui est train de se développer énormément. Puis, tu sais Montréal est un peu méconnu encore, je pense mais il y a un certain engouement. Nous, on a beaucoup de clients qui viennent du Vietnam qui viennent s’établir à Montréal, donc je pense que c’est un endroit qui est appelé à se développer au niveau immigration puis au niveau de l’immobilier aussi.
-Oui, beaucoup de développements. Actuellement, c’est un peu au ralenti. Et on espère que les politiques puissent faciliter, favoriser le développement. Parce que sans le développement économique…
-Je comprends très bien ce que tu veux dire.
-Pour finaliser, j’aurais une question bien précise, si je me permets. Est-ce que quelqu’un qui obtienne… Est-ce qu’un immigrant-investisseur… Supposons que le programme Immigrant-investisseur qui est ouvert de nouveau. Est-ce que cet investisseur-là peut investir dans un centre d’achat.
-Il doit investir… L’investissement doit être fait… Bon, probablement il y a des montants et il y a des endroits géographiques qui doivent être précisés parce que le montant il peut être différent…
-Exemple, un centre d’achat de 20 millions USD, à Laval, qui est déjà sous une compagnie de gestion commerciale.
-Il faut que l’investissement soit chapeauté par un organisme gouvernemental du Québec qui fait partie du programme des Investisseurs. Mais oui, cet investissement-là pourra probablement être accepté pour un programme Investisseur. Mais je veux pas me lancer trop loin, c’est simplement parce que étant donné que le programme va être appelé à réouvrir, avec le nouveau gouvernement qu’on a en ce moment, il y a de fortes chances que ce programme-là va être revu et que plusieurs conditions qui existaient avant, soient modifiées aujourd’hui. Notamment, par exemple, au sujet des exigences linguistiques du programme. Donc, je ne veux pas trop m’avancer étant donné qu’on connait pas encore la nouvelle mouture du programme qui pourrait être appelée à être dévoilée cette année. Mais, oui.
-Parfait. Dans le fond, on vit un peu la même chose. Donc, lorsqu’on est des professionnels, on se met à jour continuellement parce que la loi sur l’immigration et la loi sur le courtage immobilier évoluent constamment.
-Exactement, et c’est là on acquiert des connaissances continuellement pour pouvoir bien conseiller nos clients. Merci beaucoup, Marc-André !
-Merci beaucoup Chia, c’est un plaisir de participer à ton podcast.
#canada #immigration #entreprise #entrepreneur #acquisition #startup #investissement #investisseur #immobilier #commercial #montreal #happybroker #realtalk #chiaimmobilier